Sortir son Laguiole

Tuter le grillon

Porter le béret

Ramasser des champignons

Faire les canards

Participer à une troisième mi-temps

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Sortir son Laguiole


Rompons le débat entre Laguiole et Thiers, c’est au début du siècle que l’entreprise aveyronnaise Calmels commercialise ses couteaux à manches de cornes. On prétend que la forme est hérité des couteaux espagnols car des travailleurs saisonnier de la Péninsule se rendaient en Aveyron pour y effectuer des travaux pénibles. Ils connurent un succès foudroyant à la capitale grâce à la diaspora aveyronnaise dans les années 20. Durant les années 80, Philippe Starck a posé sa patte et créé sa version du Laguiole un rien tape-à-l’œil dans sa robe d’acier. Il existe une grande variété de couteau de Laguiole. Le plus basique, anciennement utilisé par les bergers, comporte une pointe. Elle leur servait à percer la poche de brebis gloutonnes qui s’étouffaient d’aérophagie. Voilà un détail qui respire l’authentique. Pendant quelques années, on a privilégié pour la lame, l’acier 440 dit chirurgical. Très chargé en chrome, il se révèle parfait pour la stérilisation en bloc opératoire, mais les couteliers savent bien que le chrome est l’ennemi de la forge. On revient progressivement à l’acier C128, moins brillant mais bien plus facilement affutable. Quant au manche, il peut être de simple corne, en essences délicatement marquetées jusqu’à de beaux aciers. Mais toujours, sur la tranche, la petite abeille rappelle la tradition aveyronnaise. Et ici, sortir son Laguiole de sa poche n’a rien d’affecté, c’est simplement le signe que vous n’avez pas oublié vos racines.


Tuter le grillon

Durant l’été, il est un sport qui permet d’identifier les vrais paresseux. Le matériel requis ne s’achète pas dans les grandes surfaces dédiées aux sports extrêmes, c’est une simple tige de paille. Le terrain de jeu se réduit à une parcelle d’herbes sèches. D’un œil indolent bien qu’aguerri, le joueur, à quatre pattes, scrute sa parcelle, l’adversaire finira bien par se trahir. Soit qu’il crisse des ailes, soit que sortant d’un trou minuscule, il cherche l’abri d’un autre, après une triomphante apparition. La partie commence. On plonge la tige de paille dans le trou présumé pour agacer la bestiole. Selon toute logique, elle doit accrocher ses pattes à la paille. Il faut alors délicatement la remonter. Patience. Parfois, elle s’obstine à se terrer. Se mettre alors en position de combat : à plat-ventre. Raffermir sa prise sur la tige et... continuer. Si le grillon ne se décide pas, en chercher un autre. À la longue, et comme le tutage de grillon se pratique en plein soleil, le joueur maniaque peut attraper un coup de chaleur. Les organisateurs prévoient généralement des litres de limonade fraîche à boire sous les ombrages. On peut , à ce moment-là, relâcher les grillons capturés. La partie est finie.

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