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Cordes

Les méchantes langues prétendent que le diable aurait lancé son marteau au petit bonheur la chance pour décider de son emplacement. Mais il faut dire que la cité date de la croisade des Albigeois, et que Raymond VIII avait les croisés aux trousses lorsqu'il donna l'ordre de la construire en 1222. Il n'en fallait pas plus pour lui donner une odeur de soufre, à une époque où l'encens était seule senteur acceptable. Perchée sur son prétentieux puech de Mordagne, Cordes domine les vallées, et se targue d'avoir été aussi grande qu'Albi au XIIIe siècle. Elle a su garder dans sa pierre les traces d'un passé héroïque, où l'on n'hésitait pas à jeter les inquisiteurs sourcilleux au fond des puits. Elle connut une deuxième époque de prospérité au XIXe siècle lorsqu'on y installa des machines à tisser.
D'abord, en récitant la prière qui compte autant de mots que l'escalier du Pater Noster de marches, vous grimperez jusqu'à la porte de l'Horloge. Puis, par les rues sinueuses de pavés accidentés, vous dépasserez la Barbacane et la porte du Planol pour déboucher au sommet du village. L'alignement de façades datant de la Renaissance est unique en son genre. Les maisons du Grand Fauconnier, du Grand Veneur, de Gaugiran, Fontpeyrouse, supportent des sculptures de pierre d'une rare finesse.



En redescendant, la maison du Grand Écuyer abrite aujourd'hui un hôtel-restaurant coté. Le village se met à la mi-juillet à l'heure médiévale. Les artistes et artisans sortent de leurs échoppes et s'exposent au travail sous la grande halle, en costume d'époque. Célébrée par le peintre Yves Brayer qui contribua à sa renaissance, elle fut une résidence d'Albert Camus qui disait que "tout y est beau, même le regret".

Office du tourisme : 05 63 56 00 52

CARTES