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Toulouse

Il vous faudra des jours et des nuits pour apprendre à connaître la capitale de la région Midi-Pyrénées et préfecture de la Haute-Garonne. D’abord parce que si aujourd’hui, elle lorgne vers le ciel, son passé descend au plus profond de la terre, en témoignent les incessantes découvertes que les travaux d’aménagement de la ville occasionnent.

Ce sont d’abord les Volques-Tectosages qui s’installent sur les bords de Garonne. Ah oui ! Parce qu’ici, on ne met pas d’article devant cette dame. Les Romains s’installent et, fidèles à eux-mêmes, commencent par amener l’eau à leur bain. Ils construisent un impressionnant ouvrage dont il reste quelques vestiges et que l’on connaît sous le nom d’aqueduc de la Reine Pédauque.

Au Ve siècle, les Wisigoths, décidément trop remuants dans l’Empire, obtiennent la région comme gage de leur tranquillité et en font la capitale de leur royaume. Ces valeureux guerriers restent un siècle dans les murs et défendent la cité. Ils laissent, avant de se faire rejeter vers l’Espagne par les Francs un vivant témoignage de leur passage : l’église de la Daurade. Celle-ci, curieuse par son chœur en cercle a maintes fois été modifiée sur la base de leur chapelle. La ville est gouvernée par la dynastie des comtes Raymond pendant plusieurs siècles.

Le Château Narbonnais, vaste demeure plantée sur l’actuel site du Palais de Justice, est associé à leur règne. Durant la croisade des Albigeois, la ville supporte plusieurs sièges, repliée derrière ses remparts.

Le centre-ville de Toulouse, est contenu par cette ceinture, symbolisée aujourd’hui par ses grands boulevards. On ne cesse de s’émerveiller sur la multitude d’hôtels particuliers que les marchands de pastel ont construit au début de la Renaissance. Grâce à cet or bleu, ils se sont payés les meilleurs architectes dont le célèbre Nicholas Bachelier qui, en outre, a aussi dressé les plans du Pont-Neuf. Les hôtels d’Assezat, de Bernuy, de Pierre ou du Vieux Raisin, peuvent à eux seuls vous faire retrouver la luxuriance de l’époque. Pourtant, à la chute du pastel, la ville va retomber dans une douce léthargie ; il faudra attendre le début du XXe siècle et l’Aéropostale pour qu’elle retrouve une place de rang.

Lorsqu’à peine vous aurez tenté de retrouver l’histoire dans ses rues, la nuit sera tombée, et Dieu sait qu’elle peut durer longtemps. Pas comme les nuits boréales mais plutôt comme celles, festives, d’Espagne. “Toulouse est sarrazine !” chantent les Fabulous Trobadors, en tout cas, elle a le sang chaud. Cela vient assurément de l’immigration espagnole -pensez donc, on compte ici plus de Martinez que de Martin dans l’annuaire !- mais également de la population estudiantine qui à chaque rentrée colonise un peu plus la ville.

Et même quand il gèle à pierre fendre, il se trouve dans le centre des bordées d’étudiants prêts à gâcher leur jeunesse dans les bars de la ville.



Celui qui ne trouvera pas de lieu à son goût sera sans doute bien difficile. Les musiciens, nombreux, animent chaque soir les cafés-concert et participent à l’image dynamique de la ville. Comme Zebda, bien sûr, natifs des quartiers nord (N’avez-vous pas remarqué que les gens du sud vivent souvent dans les quartiers nord ?), mais aussi Nougaro qui cornaque gentiment les jeunes générations du haut de son mètre cinquante. Si d’aventure vous le croisez sur le quai de Tounis, s’il-vous-plaît, contentez-vous d’un sourire, l’homme aime vivre sa ville en toute quiétude.

Avec le nouveau Théâtre de la Cité, le futur musée d’Art contemporain qui trouvera place dans les anciens abattoirs du quartier Saint-Cyprien, Toulouse se dote de prestigieux équipements culturels.

Quant au gastronome, il aura d’abord l’embarras du choix avant d’en avoir un, gastrique. Car on aime les plats roboratifs, d’aucuns disent lourds. Le
cassoulet bien sûr dont la ville dispute la paternité à Castelnaudary dans une inexpugnable guerre, mais aussi les confits, l’aillade... Rien de très léger pour sûr.

Mais faut-il avoir la grâce d’un rat d’opéra lorsque sur un stade de rugby on doit enfoncer les lignes adverses ? La question reste posée. Car on est passionnément rugby. La ville se pare de ses couleurs rouge et noire lorsqu’approche la finale de la Coupe de France. Et quand les joueurs du Stade Toulousain ramènent le bouclier de Brennus pour l’exhiber du haut des balcons du Capitole, on croirait que le fameux charivari du carnaval a retrouvé le chemin des gorges toulousaines. Ils sont des milliers à exulter...jusqu’à ce que l’aube les rattrape.

Dès l’apparition des premiers rayons de Soleil, les Toulousains retrouvent Garonne. Ils sont des centaines à lézarder sur les pelouses aménagées au bord du fleuve ou à tenter l’ascension des quais de briques rouges. D’ailleurs si vous demandez à un Toulousain quelle est sa vue préférée de la ville, il y a beaucoup de chance pour qu’il vous parle de ces quais incendiés par le crépuscule avec l’église de la Dalbade en arrière fond.

De grâce, restez au moins jusqu’au dimanche. Autour de la vieille église Saint-Sernin se tient le marché aux puces, et, par les rues adjacentes, on arrive jusqu’au quartier Arnaud-Bernard, où, pour son thé dominical, on achète un bouquet de menthe fraîche aux épiciers arabes. Toulouse ville rose ? Non, multicolore !

Office du tourisme : 05 61 11 02 22


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